INTO THE CLOSET

DANS LE VESTIAIRE

I’m not quite ready to leave childhood.
At six, I was a talker, laughing easily. Mrs. McDonald reprimanded me.
“Julie, pay attention to your own arithmetic- don’t reach across the aisle.”
“But Donald is showing me a funny picture he’s drawing of a dog with two heads.”
I continued to giggle. “Julie!”
The teacher took me by the arm and led me back to the cloak closet. She put tape on my mouth
and left me among the snowsuits and boots for 10 minutes.
That night I taped the mouth of Yvonne, my favorite doll and rolled her crib into my closet.
“You are bad!” I scolded.

Je ne suis pas prête à abandonner mon enfance.
A six ans, je parlais beaucoup, riant facilement. Mme. McDonald m’a réprimandée.
“Fais attention à ton propre devoir- ne t’occupe pas des autres pupitres.”
Je rigolais encore un peu. “Julie!”
L’institutrice m’a saisie par le bras en me menant au fond de la salle de classe, m’a scotché la bouche au
vestiaire et m’y a déposée 10 minutes parmi les vestes d’hiver et les bottes.
Cette nuit-là j’ai scotché la bouche d’Yvonne, ma poupée favorite, et je l’ai roulée dans son berceau dans mon placard.
“Tu es méchante.” Je l’ai grondée.

THE MEDAL

LA MEDAILLE

By age 12 I must have had redeeming qualities. During the last week of sixth grade a small graying man in a navy blue uniform and cap came into our classroom and talked quietly with the teacher. She called us to attention. “Students, this is a representative from the American Legion, whose members have fought in wars to safeguard our country. He is here to give out an award.” None of us had heard of such an award, but when he began a little speech about the medal representing courage, character, service, companionship and scholarship, we were all solemn. “This award is given to the person most representing these qualities as you leave elementary school for middle school. This year’s recipient is Julie Howard.” I was stunned. In retrospect the whole idea was silly. I had never heard of half those words, and at that age the medal caused envy among friends, not admiration. Still, that little medal, with all those character traits engraved on it, has never gone missing. I found it the other day in the back of my desk drawer.



Par l’âge de 12 ans, j’ai du avoir des qualités me rachetant. Pendant la dernière semaine du sixième, un petit homme aux cheveux gris en uniforme bleu marine avec une casquette entra dans notre salle de classe et échangea des mots avec notre institutrice. Elle nous a adressé, “Mes élèves, ce monsieur représente la Légion d’Amérique, dont les membres ont combattu dans des guerres pour sauvegarder notre pays. Il est ici pour remettre un prix.” Aucun d’entre nous n’avait entendu parler d’une telle chose. Quand il s’est mis à décrire la médaille, nous expliquant qu’elle représentait le “courage, caractère, service, l’amitié et l’étude” nous nous sommes tous sentis sérieux. “Cette médaille est décernée à l’individu qui représente le mieux ces qualités. La lauréate cette année s’appelle Julie Howard.” J’étais étonnée. Quand j’y pense, l’idée de décerner un tel prix à un écolier de 12 ans était bête, ne causant que l’envie parmi mes amies. Néanmoins, cette petite médaille, avec tous ces traits de caractère gravés dessus, n’a jamais fugué. Je l’ai trouvé l’autre jour au fond du tiroir de mon bureau.

WHEN MY BROTHER DIDN’T CRY…

QUAND MON FRERE NE PLEURAIT PAS…

My older brother George was a bully, bottling up his tenderness. His scorn for me ended up in a “Hate your Sister Club.” When our family Springer Spaniel died I cried for a week, inconsolable. One day a stray, skinny mutt followed George home and clung to him for two weeks. George was ecstatic, a true love. Then George came home one day and announced, stoically, “Danny died.” Sitting on the porch concrete wall, I could not believe him. “He did not, he did not,” I repeated like a taunt. What ailed me? Was it true disbelief? Or was I instinctively provoking his ‘inner belly of vulnerability’? He couldn’t take it. He gave me such a punch I fell backward off the wall into the bushes behind. Catching my breath in the leaf litter, I realized Danny had indeed died. It is often hard to read other’s emotions.

Mon frère aîné George m’a beaucoup intimidé, masquant sa tendresse. Son dédain l’a poussé à créer un “Club de Dépit pour les Soeurs.” Quand notre épagneul Springer est mort J’ai pleuré toute une semaine, inconsolable. Un jour un cabot errant et maigre a suivi George à la maison et il s’est accroché à lui pendant 2 semaines. George était extasié avec ce fidèle. Mais peu après George est rentré en annonçant avec stoicisme, “Danny est mort.” M’asseyant sur le petit mur concret des marches à notre maison, je ne pouvais pas le croire. “Pas vrai, pas vrai,” j’ai répété, le provoquant. Qu’est-ce que j’avais? Etait-ce une vraie incrédulité? Ou voulais-je exposer sa vulnérabilité cachée? George, furieux, m’a donné un coup de poing si fort que je suis tombée dans les buissons derrière moi. Là, dans les feuilles mortes, j’ai réalisé que Danny avait vraiment expiré. On a de la peine à “lire” les émotions d’autrui.

Kleptomania of the Soul

La Kleptomanie de l’Ame


At seven I was crazy about my new friend Diane’s mother, my ideal. I wanted to be near Mrs. Harris every minute. In fact I wanted a piece of her for my very own. One day when she was upstairs sewing and where was Diane?….I found myself alone in the Harris living room. Stealthily I climbed up on the chair in front of their secretary desk and opened the glass cabinets upon three little alabaster angels with musical instruments. I reached inside, helped myself to the one with a violin, climbed down silently and ran out the front door, down the street to my own house. Mother greeted me, flushed, at the door. “Mrs. Harris gave this to me,” I said solemnly. Mother, dubious, called the Harris household. “Helen, did you give Julie this little angel she has come home with?” Mrs. Harris gave a chuckle. ‘I guess Julie just wanted to borrow that figurine a while.” Nothing more was said. Somehow the angel was returned. I never missed it. My talisman had done what I needed it to do.


A sept ans j’adorais la maman de ma nouvelle amie Diane. Mon idéale, je voulais être près de Mrs. Harris constamment. En fait, je voulais posséder un petit morceau d’elle. Un jour où elle était en haut cousant, je me suis trouvée toute seule dans le salon des Harris. (Où était Diane?) J’ai grimpé sur une chaise devant un secrétaire où se trouvaient 3 petits anges d’alabâtre avec instruments musicaux. J’ai ouvert les portes vitrées pour saisir un de trois avec un violon, je suis descendue silencieusement , je suis partie vite en courant pour rentrer dans ma propre maison. Maman m’a acceuillie à la porte, rougie de culpabilité. “Mrs. Harris m’a présenté cet ange,” j’ai annoncé solennellement. Ma mère, douteuse, a donné un coup d’appel à Mrs.. Harris. “Helen, avez-vous donné le petit ange à Julie, qu’elle tient dans sa main, comme cadeau?” Mrs. Harris a ri. “Je crois que Julie veut tout simplement emprunter ce petit ange un peu.” Rien de plus n’était dit. L’ange, rendu, ne me manquait pas. L’acquisition de mon talisman a achevé son but.

Killjoy

Rabat-joie

There I sat at the counter all alone day after day relishing a hot fudge sundae. My father had sent me to school with a note to the fourth grade teacher. “Please let Julie cross the street at lunchtime to Brown’s Creamery for ice cream for her sore throat problem,” P. J. Howard, MD. My parents really did love me! I perched at the counter like a smug little princess, licking my spoon. The employee soon had had a bellyful of it. “Why are you sitting here eating that ice cream….why aren’t you over at school with the other kids?” I don’t know which was the healing agent…her disgust or the brief entitlement, but soon I was back at school with the other kids, feeding myself.

Jour après jour, je m’y asseyais toute seule, savourant un ‘sundae au caramel.’ Mon père m’avait donné une note pour l’institutrice à l’école. “Je vous prie de permettre à Julie de traverser la rue pendant la pause déjeuner pour prendre une glace chez la Laiterie Brown pour son mal de gorge.” Mes parents m’aimaient! Je me perchais au comptoir comme une petite princesse, léchant la cuillère. L’employée bientôt en avait plein le dos. “Pourquoi es-tu là, mangeant cette glace…pourquoi t’es pas à l’école, avec les autres?” Je ne sais pas lequel m’a guérie…..son ennui ou le bref moment de privilège, mais j’étais bientôt de retour à l’école avec les autres gosses, me nourrissant moi-même.

Suffocation

L’Asphyxie

Theories of Development, Wm. C. Crain, Prentice-Hall, Inc. 1985

Carrots were part of our dinner that night. Suddenly, from my bed, I started screaming. “I can’t breathe! Help! I’m dying.” My parents came running, as fearful as I was. “I’m choking! A carrot piece is stuck in my throat!” I was in a world of terror. What had happened? With tubes down my throat at the hospital with my pediatrician father, nothing was ever found. Psychosis? That is a tricky word to use for children, so prone to alternate realities. It took me 8 months to get over that aberration. When I had, I was feeding myself. Stuck at Erik Erikson’s Stage 3: Initiative vs. Guilt, I had tried to manipulate Mother but she decoupled from my game. Oedipal Complex? Daddy was waiting for me as I made Mommy grumpy. Clever kids.

Des carrottes faisaient partie de notre dîner ce soir-là. Tout à coup, de mon lit, j’ai commencé à crier. “Je ne peux pas respirer! Au secours! Je meurs!” Mes parents se sont précipités à mon côté, aussi effrayés que moi. “Je m’étouffe! Il y a une carrotte coincée dans ma gorge!” J’étais dans un monde de terreur. Que s’était-il passé? Avec des tubes dans ma gorge à l’hôpital avec mon père, pédiatre, aucun objet n’avait jamais été découvert. Psychose? C’est un mot délicat à utiliser avec les enfants, sujets à d’autres réalités. Il m’a fallu huit mois pour me remettre de cette aberration. Une fois remise, je me nourrissais moi-même. Coincée à la 3ème étape d’Erik Erikson, Initiative vs. Culpabilité, j’avais essayé de manipuler Maman, mais elle s’est détachée de mon jeu. Complexe d’Oedipe? Papa m’attendait pendant que je rendais Mama grincheuse. Petit malin.

Anatomy of a Mental Illness, Prelude to Episode #1

L’Anatomie d’une Maladie Mentale, Prélude à Episode #1

I hated eating. There I was at the dinner table, just skinny me, 6, and Mommy, coaxing bites into me. No pesky brothers. I was fascinated with a face I was making on that glass plate with the cream cheese. My mother was losing patience and I was provoking her. She lost it, got up in a huff and I felt naughty but triumphant. I went in to my daddy waiting in the kitchen to give me Jeculin, some tonic Google doesn’t recognize any more. What happened a year or so later follows Erik Erikson pretty closely, in the third of his Eight Life Stages.


J’ai détesté manger. Me voilà à table après le diner, moi seule, 6ans, avec Maman, m’incitant à manger de petites bouchées. Mes frères étaient partis. J’étais intriguée par un visage que je créais sur cette assiette de verre avec le fromage à tartiner. Ma mère perdait patience, et moi, je la provoquais. Elle s’est énervée, s’est levée and je me suis sentie vilaine mais gagnante. Je suis allée dans la cuisine où Papa m’attendait avec du Jeculin. Ce qui est arrivé un an plus tard est expliqué assez bien par la troisième des “Huit Etapes du Développement” d’Erik Erikson.

I LOVE BEING 88! (continued)

J’ADORE AVOIR 88 ANS! (suite)

So, how did I journey from psychotic young motherhood to where I am now?
I was ‘by love possessed,’ hiding a split. It took 40 years to face and accept what lurked or burst forth from beneath the surface. Now I am in love with the world. I still am riddled with flaws. But what’s underneath is solid, nothing lurking. It leads to reverence for all of us, humanity. And enjoyment of one precious minute as if it were a year.

Alors, comment ai-je voyagé de la jeune maternité psychotique à l’endroit où je suis? J’étais ‘par l’amour possédée,’ cachant une rupture. J’ai mis 40 ans à faire face à ce qui se cachait sous la surface, ou éclatait. Je suis maintenant amoureuse du monde. Je suis toujours pétrie de défauts. Mais ce qui est en dessous de la surface est solide, plus rien ne se cache. Cela mène au respect pour nous tous, l’humanité. Et je peux jouir d’une minute précieuse comme si c’était un an.

Masks Before the Time of Coronavirus

Des Masques Avant les Temps du Corona-virus

2018. Twelve new students wanted to sign up for my French courses, including an eight-year-old girl. I was delighted and excited by the success of my little announcement.
Two days later, after having ordered French textbooks, songs and a bi-lingual Lotto game, I had a small heart attack. I had forgotten that I was over 80. It was the end of my years of teaching. Our family wore masks in the hospital because the patient next to me couldn’t stop coughing. Does anybody want a textbook?

2018. Douze nouveaux étudiants voulaient s’inscrire dans mes cours de français, y compris une fille de 8 ans; j’étais ravie et enthousiasmée par le succès de ma petite annonce!
Deux jours plus tard, après avoir commandé des livres de français, des chansons, un jeu de loto bi-lingue, j’ai eu une petite crise cardiaque. J’avais oublié que j’avais plus de 80 ans. C’était la fin de mes années comme “prof.” Notre famille portait des masques dans l’hôpital car le patient à côté de moi ne pouvait cesser de tousser. Quelqu’un désire-t-il une grammaire?