WHEN MY BROTHER DIDN’T CRY…

QUAND MON FRERE NE PLEURAIT PAS…

My older brother George was a bully, bottling up his tenderness. His scorn for me ended up in a “Hate your Sister Club.” When our family Springer Spaniel died I cried for a week, inconsolable. One day a stray, skinny mutt followed George home and clung to him for two weeks. George was ecstatic, a true love. Then George came home one day and announced, stoically, “Danny died.” Sitting on the porch concrete wall, I could not believe him. “He did not, he did not,” I repeated like a taunt. What ailed me? Was it true disbelief? Or was I instinctively provoking his ‘inner belly of vulnerability’? He couldn’t take it. He gave me such a punch I fell backward off the wall into the bushes behind. Catching my breath in the leaf litter, I realized Danny had indeed died. It is often hard to read other’s emotions.

Mon frère aîné George m’a beaucoup intimidé, masquant sa tendresse. Son dédain l’a poussé à créer un “Club de Dépit pour les Soeurs.” Quand notre épagneul Springer est mort J’ai pleuré toute une semaine, inconsolable. Un jour un cabot errant et maigre a suivi George à la maison et il s’est accroché à lui pendant 2 semaines. George était extasié avec ce fidèle. Mais peu après George est rentré en annonçant avec stoicisme, “Danny est mort.” M’asseyant sur le petit mur concret des marches à notre maison, je ne pouvais pas le croire. “Pas vrai, pas vrai,” j’ai répété, le provoquant. Qu’est-ce que j’avais? Etait-ce une vraie incrédulité? Ou voulais-je exposer sa vulnérabilité cachée? George, furieux, m’a donné un coup de poing si fort que je suis tombée dans les buissons derrière moi. Là, dans les feuilles mortes, j’ai réalisé que Danny avait vraiment expiré. On a de la peine à “lire” les émotions d’autrui.

Kleptomania of the Soul

La Kleptomanie de l’Ame


At seven I was crazy about my new friend Diane’s mother, my ideal. I wanted to be near Mrs. Harris every minute. In fact I wanted a piece of her for my very own. One day when she was upstairs sewing and where was Diane?….I found myself alone in the Harris living room. Stealthily I climbed up on the chair in front of their secretary desk and opened the glass cabinets upon three little alabaster angels with musical instruments. I reached inside, helped myself to the one with a violin, climbed down silently and ran out the front door, down the street to my own house. Mother greeted me, flushed, at the door. “Mrs. Harris gave this to me,” I said solemnly. Mother, dubious, called the Harris household. “Helen, did you give Julie this little angel she has come home with?” Mrs. Harris gave a chuckle. ‘I guess Julie just wanted to borrow that figurine a while.” Nothing more was said. Somehow the angel was returned. I never missed it. My talisman had done what I needed it to do.


A sept ans j’adorais la maman de ma nouvelle amie Diane. Mon idéale, je voulais être près de Mrs. Harris constamment. En fait, je voulais posséder un petit morceau d’elle. Un jour où elle était en haut cousant, je me suis trouvée toute seule dans le salon des Harris. (Où était Diane?) J’ai grimpé sur une chaise devant un secrétaire où se trouvaient 3 petits anges d’alabâtre avec instruments musicaux. J’ai ouvert les portes vitrées pour saisir un de trois avec un violon, je suis descendue silencieusement , je suis partie vite en courant pour rentrer dans ma propre maison. Maman m’a acceuillie à la porte, rougie de culpabilité. “Mrs. Harris m’a présenté cet ange,” j’ai annoncé solennellement. Ma mère, douteuse, a donné un coup d’appel à Mrs.. Harris. “Helen, avez-vous donné le petit ange à Julie, qu’elle tient dans sa main, comme cadeau?” Mrs. Harris a ri. “Je crois que Julie veut tout simplement emprunter ce petit ange un peu.” Rien de plus n’était dit. L’ange, rendu, ne me manquait pas. L’acquisition de mon talisman a achevé son but.

Killjoy

Rabat-joie

There I sat at the counter all alone day after day relishing a hot fudge sundae. My father had sent me to school with a note to the fourth grade teacher. “Please let Julie cross the street at lunchtime to Brown’s Creamery for ice cream for her sore throat problem,” P. J. Howard, MD. My parents really did love me! I perched at the counter like a smug little princess, licking my spoon. The employee soon had had a bellyful of it. “Why are you sitting here eating that ice cream….why aren’t you over at school with the other kids?” I don’t know which was the healing agent…her disgust or the brief entitlement, but soon I was back at school with the other kids, feeding myself.

Jour après jour, je m’y asseyais toute seule, savourant un ‘sundae au caramel.’ Mon père m’avait donné une note pour l’institutrice à l’école. “Je vous prie de permettre à Julie de traverser la rue pendant la pause déjeuner pour prendre une glace chez la Laiterie Brown pour son mal de gorge.” Mes parents m’aimaient! Je me perchais au comptoir comme une petite princesse, léchant la cuillère. L’employée bientôt en avait plein le dos. “Pourquoi es-tu là, mangeant cette glace…pourquoi t’es pas à l’école, avec les autres?” Je ne sais pas lequel m’a guérie…..son ennui ou le bref moment de privilège, mais j’étais bientôt de retour à l’école avec les autres gosses, me nourrissant moi-même.

Suffocation

L’Asphyxie

Theories of Development, Wm. C. Crain, Prentice-Hall, Inc. 1985

Carrots were part of our dinner that night. Suddenly, from my bed, I started screaming. “I can’t breathe! Help! I’m dying.” My parents came running, as fearful as I was. “I’m choking! A carrot piece is stuck in my throat!” I was in a world of terror. What had happened? With tubes down my throat at the hospital with my pediatrician father, nothing was ever found. Psychosis? That is a tricky word to use for children, so prone to alternate realities. It took me 8 months to get over that aberration. When I had, I was feeding myself. Stuck at Erik Erikson’s Stage 3: Initiative vs. Guilt, I had tried to manipulate Mother but she decoupled from my game. Oedipal Complex? Daddy was waiting for me as I made Mommy grumpy. Clever kids.

Des carrottes faisaient partie de notre dîner ce soir-là. Tout à coup, de mon lit, j’ai commencé à crier. “Je ne peux pas respirer! Au secours! Je meurs!” Mes parents se sont précipités à mon côté, aussi effrayés que moi. “Je m’étouffe! Il y a une carrotte coincée dans ma gorge!” J’étais dans un monde de terreur. Que s’était-il passé? Avec des tubes dans ma gorge à l’hôpital avec mon père, pédiatre, aucun objet n’avait jamais été découvert. Psychose? C’est un mot délicat à utiliser avec les enfants, sujets à d’autres réalités. Il m’a fallu huit mois pour me remettre de cette aberration. Une fois remise, je me nourrissais moi-même. Coincée à la 3ème étape d’Erik Erikson, Initiative vs. Culpabilité, j’avais essayé de manipuler Maman, mais elle s’est détachée de mon jeu. Complexe d’Oedipe? Papa m’attendait pendant que je rendais Mama grincheuse. Petit malin.

Anatomy of a Mental Illness, Prelude to Episode #1

L’Anatomie d’une Maladie Mentale, Prélude à Episode #1

I hated eating. There I was at the dinner table, just skinny me, 6, and Mommy, coaxing bites into me. No pesky brothers. I was fascinated with a face I was making on that glass plate with the cream cheese. My mother was losing patience and I was provoking her. She lost it, got up in a huff and I felt naughty but triumphant. I went in to my daddy waiting in the kitchen to give me Jeculin, some tonic Google doesn’t recognize any more. What happened a year or so later follows Erik Erikson pretty closely, in the third of his Eight Life Stages.


J’ai détesté manger. Me voilà à table après le diner, moi seule, 6ans, avec Maman, m’incitant à manger de petites bouchées. Mes frères étaient partis. J’étais intriguée par un visage que je créais sur cette assiette de verre avec le fromage à tartiner. Ma mère perdait patience, et moi, je la provoquais. Elle s’est énervée, s’est levée and je me suis sentie vilaine mais gagnante. Je suis allée dans la cuisine où Papa m’attendait avec du Jeculin. Ce qui est arrivé un an plus tard est expliqué assez bien par la troisième des “Huit Etapes du Développement” d’Erik Erikson.

I LOVE BEING 88! (continued)

J’ADORE AVOIR 88 ANS! (suite)

So, how did I journey from psychotic young motherhood to where I am now?
I was ‘by love possessed,’ hiding a split. It took 40 years to face and accept what lurked or burst forth from beneath the surface. Now I am in love with the world. I still am riddled with flaws. But what’s underneath is solid, nothing lurking. It leads to reverence for all of us, humanity. And enjoyment of one precious minute as if it were a year.

Alors, comment ai-je voyagé de la jeune maternité psychotique à l’endroit où je suis? J’étais ‘par l’amour possédée,’ cachant une rupture. J’ai mis 40 ans à faire face à ce qui se cachait sous la surface, ou éclatait. Je suis maintenant amoureuse du monde. Je suis toujours pétrie de défauts. Mais ce qui est en dessous de la surface est solide, plus rien ne se cache. Cela mène au respect pour nous tous, l’humanité. Et je peux jouir d’une minute précieuse comme si c’était un an.

I LOVE BEING 88!

J’ADORE AVOIR 88 ANS!

Am I out of my mind? No, but I once was, 60 years ago. That was a brutal era for our young family, with me in the psychiatric hospital for months. My husband was struggling to keep his job and our three tiny children from abandonment. I feared permanent institutionalization. Forfeiture of everyone and everything I cherished, the disintegration of ‘me.’ It felt like Sartre’s play…Huis Clos, No Way Out.
When I blow out 88 candles it is a triumph (and conflagration.) To be continued.

Ai-je perdu la tête? Non, mais je l’ai perdue une fois, il y a 60 ans. C’était une ère brutale pour notre jeune famille, moi à l’hôpital psychiatrique pendant des mois. Mon époux luttait pour garder son emploi et pour protéger nos trois petites contre l’abandon. Je craignais être institutionnalisée définitivement. La perte de tout et de tous ceux qui m’étaient chers, la désintégration de ‘moi.’ C’était comme la pièce de Sartre: Huis Clos, sans issue.
Quand je souffle 88 bougies, c’est un triomphe et un ‘feu de joie.’ A suivre.

Witches from World War II Era that Have Endured

Les Sorcières qui Ont Duré Depuis l’Epoque de la 2e Guerre Mondiale

My mother was crazy about Hallowe’en. When she died I inherited her collection of black cats and ghosts from the 1940’s. I love these four witches sweeping around their campfire with their brooms.
By the way, these almost-antique objects are worth a lot today.
In honor of Mother I carve a pumpkin every year. She carved one until she was 98.

Ma mère adorait célébrer la veille de la Toussaint. Quand elle est morte j’ai hérité de sa collection de chats noirs et fantômes datant des années 1940. J’aime ces quatre petites sorcières balayant autour de leur feu de camp avec leurs balais.
Au fait, ces petits objets presque antiques valent beaucoup couramment.
En l’honneur de Maman je sculpte une citrouille chaque année. Elle en sculptait une jusqu’à ses 98 ans!

Masks Before the Time of Coronavirus

Des Masques Avant les Temps du Corona-virus

2018. Twelve new students wanted to sign up for my French courses, including an eight-year-old girl. I was delighted and excited by the success of my little announcement.
Two days later, after having ordered French textbooks, songs and a bi-lingual Lotto game, I had a small heart attack. I had forgotten that I was over 80. It was the end of my years of teaching. Our family wore masks in the hospital because the patient next to me couldn’t stop coughing. Does anybody want a textbook?

2018. Douze nouveaux étudiants voulaient s’inscrire dans mes cours de français, y compris une fille de 8 ans; j’étais ravie et enthousiasmée par le succès de ma petite annonce!
Deux jours plus tard, après avoir commandé des livres de français, des chansons, un jeu de loto bi-lingue, j’ai eu une petite crise cardiaque. J’avais oublié que j’avais plus de 80 ans. C’était la fin de mes années comme “prof.” Notre famille portait des masques dans l’hôpital car le patient à côté de moi ne pouvait cesser de tousser. Quelqu’un désire-t-il une grammaire?

Collegehood’s End

La Fin de La Vie Universitaire

What was he thinking, feeling, 15 years ago? We watched him, now our Silicon Valley start-up grandson, leave us, walking along the Pacific alone. He was headed back to his last month of college life after a semester in Costa Rica for his double biology/Spanish major.
We had spent five days together in Costa Rica’s Corcovado national park on the Osa peninsula. We’d seen a puma, monkeys. He was happy one moment, pensive the next.
“I love being a kid. I don’t really ever want to grow up.”

Que pensait-il, ressentait-il, il y a 15 ans? Nous l’avons regardé, notre petit-fils, maintenant “entrepreneur en démarrage dans La Silicon Valley,” nous quitter, marchant le long du Pacifique, seul. Il retournait a son dernier mois de la vie universitaire après un semestre au Costa Rica pour sa spécialité biologie-espagnol.
On avait passé 5 jours ensemble dans le parc national de Corcovado sur la péninsule d’Osa. Nous avons vu un puma, des singes. Il était heureux un moment, pensif le suivant. “J’adore être un gosse. Je ne veux jamais grandir.”